Paul Meurice (1818-1905), fondateur du musée

Photographie représentant Paul Meurice dans son cabinet de travail rue Fortuny

Paul Meurice a 18 ans lorsqu’en 1836, admirateur passionné du poète, il franchit pour la première fois la porte de l’appartement de Victor Hugo, place Royale. Au soir de sa vie, le 30 juin 1903, il passe de nouveau ce seuil du 6, place des Vosges pour inaugurer le musée qu’il a conçu et dont il a porté le projet.

Entre ces dates, Paul Meurice a mené une carrière d’auteur dramatique. Auguste Vacquerie, son ami de collège le mena chez Victor Hugo. Cc’est avec lui qu’il fit ses débuts, en 1842, travaillant avec Théophile Gautier pour une adaptation de Falstaff. En 1847, il noue une fructueuse collaboration avec Alexandre Dumas puis avec George Sand.
Aux côtés d’Auguste Vacquerie qui lui demande d’en être rédacteur en chef, il participe avec Charles et François-Victor Hugo, au journal L’Evénement fondé par leur père, en 1848. Cela lui vaut, en 1851, de partager la prison avec les fils du poète après la publication d’un article contre la peine de mort. C’est à ce moment que Victor Hugo doit prendre le chemin de l’exil et vendre ses biens. Cette vente fait de Meurice le premier hugolâtre collectionneur avec l’acquisition de plusieurs pièces et surtout de ce dessin majeur qu’est Le Burg à la croix. Il devient aussi le dépositaire des meubles et des œuvres que la famille conserve et qu’il acheminera plus tard à Guernesey.
Durant les dix-huit années de l’exil, Meurice est à Paris, l’homme de confiance et le relais dont Hugo a besoin. Il est ainsi chargé – dans un constant dialogue dont témoigne la correspondance conservée – de la publication des œuvres, des contrats, des relectures et des corrections. Il veille également, lorsque la censure se desserre, à la programmation des pièces de théâtre, au choix des salles et des acteurs. Il rédige l’adaptation des Misérables qu’il met en scène avec Charles Hugo en 1863.
Ce faisant Paul Meurice mène sa propre carrière portant à la scène ses nombreuses pièces de théâtre parmi lesquelles Benvenuto Cellini (1852), Schamyl (1854) La famille Aubry (1857), la célèbre Fanfan la Tulipe (1858), Le Maître d'école (1858) ou encore François les bas bleus (1863) dont le musée conserve les manuscrits...
En 1869, peu de temps avant la chute du Second Empire, toujours avec Auguste Vacquerie et les fils de Victor Hugo, il fonde le journal Le Rappel. La chute de l’Empire ne peut que resserrer les liens : c’est chez Meurice que Victor Hugo s’installe à son retour à Paris et à la fin de sa vie il prendra l’habitude de passer l’été dans sa villa de Veules-les-Roses. La complicité littéraire se poursuit, avec les adaptations à la scène de Notre-Dame de Paris en 1879 et de Quatre-vingt treize en 1881. Meurice est de plus en plus chargé du suivi éditorial, en particulier des œuvres complètes qui se succèdent. Cette tache se prolongera après la mort de l’écrivain qui l’institue exécuteur testamentaire de son œuvre littéraire.
Ces longues années d’un lien profond d’amitié et de collaboration ont été ponctuées par Hugo de maints témoignages de reconnaissance : livres dédicacés, dessins envoyés pour le nouvel an ou à l’occasion d’une visite. Ainsi se forme une collection dont Meurice va faire le noyau du musée dont il rêve et dont il conçoit les principes. Dans ce but, il met toute sa passion à compléter cette collection par des achats ou des dons qu’il obtient. En 1902, il peut l’offrir à la Ville de Paris afin que Place des Vosges, Hugo soit célébré à l’égal de Dante, de Shakespeare ou de Goethe par « sa maison ».