Les arcs-en-ciel du noir

dessin de Victor Hugo,  "Vieux burg dans l'orage". Plume et lavis d'encre brune, papier vélin,

Victor Hugo (1802-1885). "Vieux burg dans l'orage". Plume et lavis d'encre brune, papier vélin, 25 août 1837. Paris, maison de Victor Hugo. © Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet

La Maison de Victor Hugo invite Annie Le Brun

Du 15 mars au 19 août 2012

Exposition

« L'encre, cette noirceur d'où sort une lumière. » Victor Hugo, Dernière gerbe, Tas de pierres, 1856

Annie Le Brun, dont l'essai Si rien avait une forme, ce serait cela emprunte son titre au poète, est invitée à dialoguer avec les collections du musée. A vingt ans, Elle rencontre André Breton et côtoie les derniers surréalistes. Poète et essayiste, son érudition et l'acuité de son analyse puisent aux sources les plus intransigeantes, dans le roman noir, chez Sade, Jarry et Raymond Roussel. Victor Hugo tient une place particulière parmi ceux dont elle se réclame.
Bien des thèmes hugoliens recoupent en effet ses préoccupations, notamment celui du noir considéré comme condition paradoxale de visibilité. Cette antithèse dialectique est particulièrement vive chez Victor Hugo :
« Sans doute n'a-t-on pas mesuré, écrit Annie Le Brun quelle puissance génératrice a chez Hugo l'obscur qui semble être l'équivalent d'une matière noire, tout aussi déterminante dans son oeuvre littéraire que dans son oeuvre graphique. Jusqu'à lester l'une et l'autre d'une gravité inédite qui les travaille pareillement de l'intérieur. S'ensuivent ce que j'appelle les arcs-en-ciel du noir irradiant pour mieux la déployer une inimaginable palette de thèmes et de points de vue qui paradoxalement apparaissent à cette nouvelle lumière venue des profondeurs pour redessiner le paysage poétique, dramatique, social, politique… Cette exposition se propose aussi de montrer de quelle façon Hugo revient continuellement à cet élément noir comme à autant de répliques souterraines de l'arc-en-ciel pour y puiser sa force de transfiguration à l'origine d'une « énormité poétique » qui n'a pas fini de nous sidérer. »
L'exposition a réuni exclusivement des oeuvres du musée dont plus de 80 dessins de Victor Hugo parmi les plus beaux et très rarement exposés comme Ecce Lex, Le Burg à la croix ou Le Phare des Casquets... Elle présentait également, autour de ce thème du noir, dessins et estampes d'illustration, photographies, objets, livres et manuscrits. Elle donnait enfin à entendre, tout au long du parcours, des extraits de textes de Hugo lus par les comédiens et metteurs en scène Benjamin Lazar et Louise Moaty.
Le parcours s'articulait autour de 7 sections thématiques et chronologiques :
-noir comme la jeunesse : l'entrée dans l'obscurité intérieure avec premiers romans, Han d'Islande, Bug-Jargal, Notre-Dame de Paris ; noir comme le théâtre des passions : autour du théâtre comme système optique pour interroger les errements du coeur humain et de « la liberté d'aimer », avec Juliette Drouet : noir comme les voyages : ceux des années 1840, où le paysage devient à la fois source et miroir de la rêverie ; noir comme la liberté : exil et attirance pour les marges sociales, littéraires et pour l'ailleurs... ; le choix du noir : l'affirmation du noir, avec l'aménagement d'Hauteville House conçu comme un théâtre mental ; noir comme l'infini : autour des Travailleurs de la mer et des forces obscures du monde ; enfin noir comme l'éblouissement : uniquement composée d'extraits de textes, cette section évoquera la puissance lyrique de Victor Hugo.

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