L'Esprit de la lettre

  • Auteur : Florian Rodari, Danielle Molinari
  • Exposition : L'Esprit de la Lettre
  • Format livre : Broché grands rabats
  • Nombre de pages : 168 pages
  • Nombre d'Illustrations : 120 illustrations couleurs
  • Dimensions : 220 x 270 mm
  • ISBN : 978-2-7596-0017-5
  • Prix public : 34€
  • Indisponible
couverture du catalogue L'Esprit de la lettre

Cet ouvrage a remporté le Concours des plus beaux livres français pour l’année 2007 dans le cadre du Concours international des plus beaux livres du monde à Leipzig

Interroger, à partir de ses dessins et de ses écrits, l’importance accordée par Hugo aux « formes » de l’écriture : lettres ornées, initiales, capitales isolées, mots entiers et signatures, mais encore graffitis, paroles pauvres et subreptices inscrites à la hâte sur un support de fortune, fragile, caché. Montrer à quel point, chez Hugo, l’espace est chiffré, à quel point tout, en particulier tout élément d’architecture, signifie. Les exemples dans les romans sont nombreux ; la surabondance au même titre que le goût du détail précis font de l’oeuvre du poète un gigantesque alphabet. Relever ensuite, dans la production des avant-gardes du début XXe (Futurisme, Cubisme, Constructivisme, Dada, etc.), combien cette insistance sur la lettre en tant que signe s’est développée. Voilà les grandes lignes de l’exposition L’Esprit de la lettre, qui aideront à mieux comprendre ce qui s’est appelé « la crise du signe ». D’abord, Victor Hugo s’amuse à voir dans la lettre une forme autant qu’un élément constitutif du langage : A est un toit, E une maison, I une tour, un phare, etc. Peu exigeant dans son recours à l’étymologie, Hugo exerce sur les mots – comme sur toute chose vue – son pouvoir imageant : une forme observée vit sous son regard d’une vie intense, palpitante. La figure du poulpe pourrait être l’emblème de cette fascination du poète pour les transformations de la forme : l’animal marin, grâce au repli/déploiement de ses tentacules, peut prendre tous les aspects, il est charme délicat ou horreur. Par ses facultés métamorphiques, il trace des lettres dans l’espace flottant de la mer. Après Hugo, les artistes des avant-gardes opèrent une remise en question radicale du langage plastique : les logiques convenues sont renversées, l’autorité du signifié cède peu à peu la place à l’arbitraire du signifiant. Dans cette réflexion
menée par les poètes et par les peintres, le recours à la lettre dans l’image scande une nouvelle manière d’appréhender l’espace. Réunissant des contributions de spécialistes des lettres comme de l’art moderne, l’ouvrage, sous la direction de Danielle Molinari, directrice de la Maison Victor Hugo, et de Florian Rodari, est amplement illustré (120 illustrations dont la moitié en couleurs et en pleine page). Le mot éclaté, les lettres coupées, les mots en liberté, le langage cul par-dessus tête, le nom naufragé, désignent ces incessants allers-retours entre le travail graphique de Victor Hugo et le recours à l’écrit chez les artistes du XXe siècle.

Cet ouvrage est le catalogue de l'exposition de la Maison de Victor Hugo (26 octobre 2007 au 3 février 2008).